Un débat tronqué sur les microparticules et une responsabilité contestée :

La troisième journée d’audience dans l’affaire Nestlé a été marquée par l’audition de trois responsables du groupe, entendus sur les pratiques industrielles en cause. Ces auditions ont toutefois mis en lumière un déséquilibre majeur dans les débats.

La question centrale de la présence de microparticules dans l’environnement n’a pu être abordée de manière complète, en raison de l’annulation préalable de nombreuses expertises. En l’absence de ces éléments techniques essentiels, le débat est resté partiel et insuffisamment étayé.

Aucune discussion approfondie n’a ainsi pu avoir lieu sur :
– la nature et la toxicité des microparticules relevées ;
– l’origine précise des plastiques susceptibles d’être à l’origine de ces particules ;
– les mécanismes de dispersion et d’impact environnemental.

Les associations parties civiles rappellent qu’il ne leur appartient pas de suppléer les carences de l’enquête. La manifestation de la vérité relève de la responsabilité du ministère public, et non de celle des victimes.

Par ailleurs, plusieurs témoins ont été entendus au cours de la journée. Il n’a, en réalité, jamais été sérieusement contesté que des décharges existaient sur les sites concernés.
Le débat en droit porte ainsi sur l’imputation de ces faits et sur l’étendue de la responsabilité de Nestlé. Sur ce point, les représentants du groupe ont adopté une ligne de défense consistant à en minimiser la portée, en renvoyant à des pratiques anciennes présentées comme héritées du passé.

Les associations parties civiles dénoncent une telle stratégie, qui tend à diluer les responsabilités sans répondre aux enjeux environnementaux actuels.
La poursuite des débats devra permettre d’examiner le fond du dossier avec toute la rigueur nécessaire, notamment au regard des atteintes portées à l’environnement.

Marcel Claude, Président AC !! anticorruption

Agréée Environnement